Suppression des aides pour les handicapés en Roumanie

Selon un article de Andrei Udișteanu, David Muntean et Ionuț Duinea du 13 mars 2019 , relayé par le Courrier des Balkans 

 

Avant de revenir à sa « passion » judiciaire, la majorité au pouvoir a passé son début d’année à plancher sur le budget 2019. Un budget largement contraint . Il a donc fallu faire des coupes et parmi les sacrifiés, les handicapés, qui ne reçoivent plus un sou de l’État.

En fait , l’État a transféré aux communes , la responsabilité du paiement des allocations mensuelles et des salaires des assistants personnels. Jusqu’à présent, 90% des coûts étaient pris en charge par l’État, les 10% restants provenant des autorités locales.
Les Communes avaient déjà des difficultés de s'acquitter des 10% restants . Maintenant, on peut parler de la suppression des moyens de survie.

Les représentants des handicapés ont bien essayé d’empêcher la mise en œuvre de cette mesure. Plusieurs dizaines de personnes, dont certaines avec des béquilles ou assis en fauteuil roulant, se sont rassemblées le 8 février devant le bâtiment du gouvernement, place Victoriei, à B ucarest. Sans résultat .

Selon les statistiques officielles, la Roumanie comptent 800 000 handicapés. 40% souffrent d’un handicap grave et ont droit, en plus d’une allocation mensuelle (de 640 lei maximum – environ 135 euros), à un assistant personnel qui perçoit un salaire de l’État (1500 lei/mois – environ 320 euros). Pour motiver sa décision, le gouvernement a décidé d’augmenter la part que les municipalité touchent de l’impôt sur le revenu. Ce sont ces ressources supplémentaires qui devront couvrir les dépenses d’assistance aux personnes handicapées. Cela devrait fonctionner dans les grandes villes à l’économie développée où les impôts sur le revenu génèrent des montants importants. Cependant, dans de nombreuses municipalités, l’augmentation du taux d’imposition ne couvrira pas les allocations aux personnes handicapées et les salaires des personnes qui en prennent soin. 

A Nicoresti , Mihaela Porumbaru ,  22 ans, souffre d’un handicap moteur qui la maintient immobilisée dans un fauteuil roulant. Mais le maire a refusé de lui octroyer un fauteuil roulant et une allocation d’invalidité sous prétexte que cela constituerait un fardeau pour le budget de la municipalité. 

A Pucioasa, dans le centre du pays,le salaire de tous les employés communaux a été diminué de 10% depuis janvier pour pouvoir réaliser quelques investissements bien nécessaires dans la commune mais voilà une nouvelle chargemais cela ne suffira pas pour supporter cette nouvelle charge

C'est Darius Vâlcov, conseiller du Premier ministre actuel qui est à l'origine de cette mesure . 

C'est ce même monsieur qui vient d'être condamné à huit ans de prison ferme par la Haute cour de cassation et de justice pour trafic d’influence, blanchiment d’argent et transaction financière incompatible avec l’exercice de ses fonctions alors qu'il était maire de Slatina dans l'Olt .  Le jugement n’est pas définitif, Darius Vâlcov a fait appel. Pendant ce temps-là, le conseiller d’État garde la confiance du gouvernement et du PSD et reste à la manœuvre de la politique économique du pays.