Mars 2009 -- Musée du Paysan -- Bucarest (Ro)

M. Cristian Preda , Ier Conseiller du Président de la République de Roumanie , s'apprête à remettre les insignes de Commandeur du Mérite culturel à M. De Backer, Président d'OVR

Accueillie par l'Académie roumaine, l'Institut culturel roumain et le Musée du Paysan à Bucarest , en mars 2009, pour fêter ses 20 ans , l'OVR  fut faite « Commandeur du Mérite culturel . » pour son action exemplaire en faveur de la sauvegarde et du développement des villages roumains

et , en guise de conclusion de trois jours de rencontre, les partenaires roumains ont demandé à l'OVR de continuer à les épauler dans leurs  actions  relatives aux domaines suivants :

- santé ( condition de vie et système de soins) et eau ( accès , gestion et potabilité )

- valorisation des savoirs-faire et des productions des campagnes roumaines

- gouvernance locale et tissu associatif

- travail de mémoire

- ouverture à la solidarité internationale .

Valorisation des savoirs-faire et des productions des campagnes

Nous soutenons les éco-villages de Moldavie . Renseignez-vous.

 

Permaculture, co-housing, agriculture non-mécanisée... Les « éco-villages » fleurissent en Moldavie. Enquête sur un phénomène qui participe au renouveau du mouvement écologiste dans le pays. Par Francesco Brusa et traduit par Béranger Dominici ( dans l'Osservatorio Balcani e Caucaso du 20 mars 2016 )

Original ou illuminé, Vladimir Mégré a au moins le mérite d’avoir profondément façonné l’espace post-soviétique par ses écrits. Cet entrepreneur d’origine ukrainienne, né en 1950, est devenu, à l’aube des années 2000 et grâce à la publication des premiers volumes de sa méthode Les cèdres qui tintent de Russie, le porte-parole d’un retour à la terre certes non exempt d’un certain mysticisme, mais qui a le mérite d’avoir donné une nouvelle jeunesse au mouvement écologiste dans la région.

Ainsi, alors qu’on ne comptait aucun « éco-village » sur le territoire russe à l’époque de la parution du premier volume de la série en 1996, il y en a aujourd’hui plus de 150, dans 48 des 85 entités de la Fédération de Russie. La tendance est semble t-il encouragée par le gouvernement russe qui, en vertu d’une loi récemment adoptée, peut accorder à titre gracieux un hectare de terres aux familles souhaitant assurer leur subsistance par ce biais. Il existe d’ailleurs une loi similaire en Ukraine, et l’idée est également en débat en Biélorussie, et dans d’autres pays de l’ex-URSS.

Communautarisme familial

L’idée de l’éco-village à la mode de Mégré fait son chemin – et a même atteint la Moldavie. Elle est par exemple mise en œuvre dans le petit village de Sciastlivoe, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale Chișinău. De loin, les petites maisons de bois, chacune entourée d’un hectare de terres, ressemblent à des petites îles. Sur chaque île, vit une famille, unité de base de l’organisation communautaire. Toutes les familles ne sont toutefois pas investies au même niveau : certaines vivent au village en permanence et depuis des années ; d’autres n’y sont présentes que de temps en temps.

Intégrer la communauté n’est pas chose facile. Il faut adhérer à ses principes fondamentaux et le prouver, à l’occasion d’une sorte de « période d’essai ». L’homogénéité du groupe est essentielle, mais elle a pour conséquence un certain isolement de la communauté. Car si à ses débuts, le projet d’éco-village de Sciastlivoe prévoyait des contacts réguliers avec les villages des alentours pour se faire connaître et partager ses principes, un vague sentiment d’incompréhension a finalement conduit à l’abandon de cette ambition conquérante.

Un lieu de rencontre et de débats

Sciastlivoe n’est pas la seule initiative de ce type en Moldavie. Également situé non loin de Chișinău, le village de Rîșcova accueille lui aussi un éco-village, fondé par deux famille, où l’on pratique le co-housing, la permaculture, et l’agriculture non-mécanisée.

Afin de se perfectionner dans les techniques d’éco-construction, un couple établi à Rîșcova a voyagé en Europe de l’Ouest et aux États-Unis. Fort de sa nouvelle expertise, il est revenu avec la conviction qu’un tel projet, pour être durable, devait, dans une certaine mesure, s’insérer dans le tissu urbain, et non s’en affranchir totalement.

L’expérience de Rîșcova a en effet ceci d’intéressant qu’elle donne à voir la relation particulière établie avec la population et l’administration locales. En plus d’être un lieu de vie, l’éco-village est un facteur de cohésion, et un point de rencontre. Les lieux abritent un éco-club qui organise des ateliers et des débats, où l’on partage nouvelles idées et vieilles pratiques du retour à la terre.

Le discours écologiste ne séduit pas que quelques marginaux ; il est entendu jusqu’au cœur de Chișinău grâce au militantisme de quelques associations, dont la très active Ecovisio. Fondée en 1999, Ecovisio organise des actions de sensibilisation sur l’environnement et l’énergie verte dans les écoles, et soutient des projets d’entrepreneuriat social. L’association gère aussi des éco-villages comme celui de Rîșcova, et a récemment lancé avec succès une campagne de crowdfunding pour développer son activité. L’association prévoit par exemple de créer des partenariats avec des structures similaires dans la Roumanie voisine.

Le contexte moldave a toutefois ses particularités, qui ne sont pas sans conséquences sur la réussite de ces initiatives. Puisque la majorité de la population vit en milieu rural, plus que d’un retour à la terre, il s’agit plutôt de redynamiser un réseau social en voie d’affaiblissement. C’est ce que montre avec succès l’expérience de l’éco-village Rîșcova, qui séduit des personnes étrangères à la mouvance écologiste grâce au mode de développement alternatif qu’il propose. Mais entre la course folle à la croissance et les lourdeurs structurelles, y a t-il une place pour une « troisième voie » de développement en Moldavie ?