Survivre sur une décharge à Cluj en Roumanie

La décharge roumaine de Pata-Rat, le 7 février 2019 © AFP/Daniel MIHAILESCU

 
Cluj-Napoca (Roumanie) (AFP)

Des mètres d'ordures s'entassent sur la décharge roumaine de Pata-Rat, l'odeur est pestilentielle, des enfants jouent parmi les immondices: cette "bombe écologique" aurait dû fermer il y a des années. Mais il s'agit aussi de l'unique gagne-pain de centaines de familles.

Lorsqu'en 2010, Linda Zsiga et ses proches ont été chassés de la maison qu'ils occupaient illégalement à Cluj-Napoca, une grande ville de l'ouest de la Roumanie, c'est en bordure de la décharge municipale qu'ils ont été relogés par la mairie, dans un conteneur sans sanitaire.

Sur les collines de Pata-Rat, dans la banlieue de Cluj, il ont retrouvé des dizaines d'autres familles, majoritairement issues de la communauté rom, vivant dans des abris de fortune. Certaines ont, comme les Zsiga, fait l'objet d'une expulsion, d'autres ont installé leur misérable foyer parmi les ordures, faute de solution alternative.

 

Militante d'un petit parti de gauche roumain, Demos, Linda Zsiga a fait de la fermeture de la décharge et du relogement des habitants l'un de ses combats. Elle espère se faire entendre des formations politiques en lice pour les élections européennes du 26 mai.

"Personne ne devrait vivre ici, dans de telles conditions inhumaines", s'insurge cette brune aux longs cheveux, âgée de 37 ans.

La Commission européenne réclame aussi la fermeture de Pata-Rat depuis des années et a prévu des fonds pour mettre en place un nouveau système de gestion des déchets. La mairie de Cluj, la cinquième ville du pays aux élégants édifices austro-hongrois, promet d'obtempérer mais reporte toujours le passage à l'acte.

- Le "Dallas" des ordures -

Cette décharge "est une bombe écologique déjà amorcée, une explosion n'est qu'une question de temps", s'insurge Sandor Körösföy, de l'association écologiste Floarea de colt.

 

Il décrit "des déchets toxiques infiltrés dans le sol" ou encore des ordures qui prennent feu "plusieurs fois par an", répandant leurs cendres toxiques sur l'herbe consommée par le bétail.

Pourtant, de nombreux habitants de Pata-Rat craignent une mise à l'arrêt du site de stockage et l'élimination de leur maigre mais unique gagne-pain. Des familles entières vivent du tri de matériaux recyclables extraits à mains nues de deux collines d'ordures hautes comme un immeuble de cinq étages, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Nous avons eu de la chance, mais maintenant c'est fini", confie Claudia, 68 ans, prédisant une fermeture.

Habitants depuis une quarantaine d'années d'une partie du site ironiquement baptisée "Dallas", elle et son mari ont fait vivre leurs deux enfants en revendant cartons, bouteilles en plastique et canettes en aluminium.

"Nous vivions comme nous le pouvions, au jour le jour, sans plus. Mais qu'allons nous faire dorénavant ?", se désole-t-elle.

 
 

Récemment, les autorités de Cluj ont finalement recouvert d'une couche de terre le plus ancien dépôt d'ordures du site et restreint l'accès à deux dépôts plus récents.

La Roumanie, considérée par Bruxelles comme un mauvais élève en termes de gestion des déchets, a été condamnée en 2018 par la Cour de justice de l'UE pour ne pas avoir fermé 68 décharges publiques créant un risque pour la santé et l'environnement.

- L'UE comme salut -

Ion, qui vit avec ses deux fils adolescents dans un abri de fortune à une centaine de mètres d'une colline de déchets, espère qu'il décrochera un emploi à la voirie municipale. "Sinon, je ne sais pas comment nous allons faire pour survivre", dit-il.

Nombre de ses voisins blâment Bruxelles pour la fermeture de la décharge. Linda estime, quant à elle, que le salut de cette communauté peut justement venir de l'UE.

 

"L'Europe peut faire plein de choses. Elle peut notamment fournir des fonds pour la construction de logements sociaux ou encore pour la mise en place d'un centre de gestion intégré des déchets" que la mairie promet depuis plusieurs années, dit-elle.

"L'Europe est correcte et ouverte (...) mais le problème vient d'en haut, du gouvernement", déplore Mme Zsiga, mettant en cause la "corruption" de la classe politique.

Mateias, 51 ans, partage son opinion : "L'UE fait un très bon boulot, elle nous impose des règles - sauf qu'elles ne sont pas respectées", regrette-t-il.

Ce menuisier indépendant travaille comme journalier et admet aussi fouiller les ordures autour de "Dallas" afin de récupérer des vêtements ou des cartons à brûler lorsqu'il est à court de bois de chauffage.

Loin de la ville et de ses loisirs, Bebe, 11 ans, raconte passer ses après-midis à jouer au football dans le bidonville avec ses copains. Tous les matins, il va néanmoins à l'école à Cluj, à bord d'un car scolaire - maigre compensation offerte par la mairie à ces familles défavorisées.

Vers une nouvelle chasse aux Roms en France ?

Des Roms pris en chasse en Seine-Saint-Denis pour une rumeur : une vingtaine d'interpellations

mardi 26 mars 2019 à 11:09 - Mis à jour le mercredi 27 mars 2019 à 8:32

 

ne nouvelle nuit d'expédition punitive a eu lieu dans le nord est de la région parisienne. Une vingtaine de personnes ont été interpellées pour avoir pris à partie des Roms. En cause, une rumeur infondée qui circule sur les réseaux sociaux. Cette infox assure que les Roms enlèvent des enfants.

Au total dans la nuit de lundi à mardi, vingt personnes ont été interpellées pour participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ou des violences.

À Clichy-sous-Bois, plusieurs personnes se sont introduites dans un pavillon squatté par des Roms armés de bâtons et de différents projectiles. Ils ont poursuivis les Roms alors qu'ils tentaient de s'enfuir.

Les Roms ont fini par être escortés par la police jusqu'à la Porte de la Chapelle avant de regagner le squat. 

À Bobigny, cette fois c'est une cinquantaine d’individus porteurs de couteaux et de battes de baseball qui ont menacé des Roms installés en bordure de la Nationale 3. Deux de leurs camionnettes ont été incendiées.

Dans un autre quartier de Bobigny, une rixe a éclaté entre des Roms et une quinzaine d’individus. À Aubervilliers, Bondy et Noisy-le-Sec, même chose : la préfecture de police a reçu de très nombreux appels pour signaler la présence d’individus avec des bâtons à proximité de campements de Roms. 

Un dispositif de sécurisation a donc été mis en place sur le département par les effectifs de la BAC, la brigade anti-criminalité, en Seine-Saint-Denis et à Paris.

Dans l’UE et dans les pays limitrophes de l’Europe dont les pays des Balkans , pour les Rroms , rien ne change … !

dans la communauté rrom soutenue par le réseau OVR à Pancota en Roumanie

 La « décennie de l’inclusion des Rroms » s’est achevée sans gloire en 2015 et sans avancée : les Rroms restent autant marginalisés et discriminés dans tous les pays des Balkans. Pire encore, les États de l’UE criminalisent leurs arrivées et jouent sur une odieuse « concurrence de la misère » avec les réfugiés. État des lieux.

 

Article de Tamara Baković Jadžić, paru le 24 avril  2017 sur Bilten ( portail  des Balkans soutenu par le Centre Rosa Luxemburg de Serbie )  . Nous nous sommes servis de la traduction de Chloé Billon  diffusée par le Courrier des Balkans . 

 

Le 8 avril, c’était la Journée internationale des Rroms et, comme chaque année, tous les acteurs ont joué leur rôle à la perfection. Les officiels des pays balkaniques n’ont pas laissé passer l’occasion de s’adresser à cet électorat marginalisé, promettant une vie meilleure et une intégration dans tous les secteurs de la société, et soulignant les efforts admirables engagés par leurs États. Les représentants des organisations internationales et des institutions européennes ont rappelé l’importance inestimable de la diversité culturelle, des valeurs européennes d’égalité et de respect des droits de l’Homme, quelle que soit l’appartenance ethnique et identitaire, appelant à poursuivre les efforts d’intégration de la plus importante minorité européenne.

Les médias ont fait leur part du boulot, selon la recette éprouvée : quelques données sur la misère généralisée des communautés rroms dans toute l’Europe, l’évocation d’une ou deux personnalités marquantes et quelques photographies pathétiques d’enfants crasseux, mais joyeux, et le tour est joué. Quand le rideau est tombé, laissant les formalités et les promesses mielleuses quelque part dans cet espace-temps incertain qui s’étend entre les Balkans et l’Union européenne (UE), les efforts d’inclusion de la minorité la plus discriminée d’Europe sont revenus à leur état habituel, c’est-à-dire à celui d’une mission impossible. Pour l’UE, les efforts d’inclusion des Rroms visent avant tout à freiner l’immigration de populations non qualifiées dans les pays développés d’Europe occidentale. Et la question de l’intégration des Rroms semble condamnée, dans les années à venir, à passer au second plan, du fait de l’arrivée des réfugiés du Proche ou du Moyen Orient et d’Afrique.

Douze années se sont écoulées depuis le début de la fameuse « Décennie de l’inclusion des Rroms 2005-2015 », et les données ressorties lors de chaque Journée internationale des Rroms ne changent pas. L’image d’une discrimination systématique et structurelle dans l’Europe tout entière continue à contredire les politiques d’inclusion théoriquement mises en œuvre. La Décennie de l’inclusion des Rroms, conclue discrètement en 2015, se poursuit au travers de deux projets distincts. Le premier, « Intégration des Rroms 2020 », pose un cadre pour l’inclusion des Rroms dans les Balkans occidentaux et la Turquie, tandis que la question de l’intégration des minorités rroms dans les pays de l’UE est traitée dans un « cadre de l’UE pour les stratégies nationales d’intégration des Rroms pour la période allant jusqu’à 2020 ».

On distingue ainsi la situation des Rroms dans l’UE et dans les pays candidats, mais il n’en demeure pas moins que ces États devront fournir des efforts tout particuliers — ce qui ne signifie pas, pour autant, que la situation des Rroms dans les pays des Balkans déjà membres de l’UE soit meilleure, bien au contraire. En Roumanie, où résident 600 000 Rroms selon les estimations officielles, ( d’après les ONG sur le terrain , pas loin de 2 millions ) près 90 % d’entre eux vivaient en 2012 sous le seuil de pauvreté. Bucarest est souvent critiquée par les organisations internationales pour des cas de démantèlements brutaux de camps et de violences policières. Les problèmes des Rroms dans tous les pays de la périphérie européenne sont bien connus : fort taux de pauvreté, accès limité à l’éducation, logements insalubres, impossibilité d’obtenir une protection sociale, discrimination institutionnelle et exclusion de quasiment toutes les sphères de la vie sociale. La cause de l’échec de toutes les politiques et stratégies d’inclusion n’est pas pourtant difficile à déterminer.

La mise en œuvre de cadres juridiques anti-discriminatoires et de stratégies nationales d’inclusion ne peut pas compenser l’absence de prestations sociales susceptibles de fournir aux populations rroms la garantie de leurs conditions de vie et une chance de sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de la discrimination. Les politiques d’ajustements structurels, menées parallèlement au processus d’accession à l’UE, ont considérablement appauvri les pays des Balkans, les privatisations ont limité l’accès aux services publics, augmenté le coût de la nourriture et réduit le prix du travail. Dans de telles conditions, des communautés déjà marginalisées n’ont quasiment pas la moindre chance de s’en sortir. C’est pour cela que beaucoup de Rroms balkaniques essaient de migrer dans les pays plus aisés de l’Europe occidentale, à la recherche de conditions de vie un peu plus sûres.

Beaux principes, expulsions, stigmatisations

D’un autre côté, tandis que l’Union européenne rappelle ses « valeurs fondamentales d’égalité et de protection des droits de l’Homme », ses États membres les plus puissants ont renvoyé, ces dernières années, des dizaines de milliers de Rroms dans leurs pays d’origine. Chaque État a utilisé les mécanismes de sa législation migratoire nationale pour limiter l’entrée dans son pays de ces indésirables « touristes de l’aide sociale ». En 2013, la France a ainsi déporté 19 300 Rroms, dont 11 000 avaient la nationalité roumaine. La population rrom de Roumanie a beau disposer d’un passeport européen, il lui faut un permis de travail et de séjour pour rester sur le territoire français plus de trois mois.

La France n’est pas un cas isolé : l’exemple de l’Allemagne témoigne lui aussi de l’absence d’une politique migratoire unifiée dans l’Union européenne, sans parler d’un consensus sur la protection des droits humains. L’Allemagne a « résolu » le problème du grand nombre de demandeurs d’asile, principalement des Rroms des pays balkaniques, en plaçant l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine et la Serbie dans la catégorie des « pays d’origine sûrs ».

Partant du principe qu’il n’existerait aucune forme de persécution dans ces pays, l’Allemagne a suspendu le droit individuel et fondamental à l’asile de toute la communauté rrom. Une criminalisation accrue de la population rrom elle-même a accompagné et légitimé ces mesures restrictives, ouvrant une brèche dans laquelle se sont engouffrés les dociles autorités des pays balkaniques, perpétuant tous les préjugés racistes sur les Rroms. Suivant la logique selon laquelle plus un pays est jugé « sûr », meilleures sont ses chances d’entrer rapidement dans l’UE, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić a déclaré en 2015, dans une interview à la Süddeutsche Zeitung, que les Rroms n’étaient pas des demandeurs d’asile, et qu’ils en voulaient seulement à l’argent allemand, avant de conclure que la Serbie était un pays d’origine sûr, car les Rroms n’y faisaient l’objet d’aucune persécution politique.

Faux demandeurs d’asile, migrants économiques, les Rroms sont devenus encore plus indésirables avec la crise des réfugiés, l’arrivée de ces « concurrents de la misère ». L’Allemagne a évoqué le concept de « pays d’origine sûr » quand elle a suspendu le Règlement de Dublin III pour laisser entrer sur son territoire une vague d’immigrés du Proche-Orient, envoyant par la même occasion aux autorités des pays des Balkans occidentaux le message que leurs efforts d’intégration des Rroms étaient finalement suffisants. Ainsi, dans leur empressement à jouer les gardiens de la « Forteresse Europe », les États périphériques en cours de négociation s’attachent non plus à inclure, mais plutôt à discipliner les communautés rroms : profilage racial aux frontières, menaces de suppression des aides sociales, et même création d’un nouveau délit, la fraude au droit d’asile dans un État étranger.

Dans un tel contexte politique, l’inclusion des Rroms n’est pas à l’ordre du jour, bien au contraire. Tant que la question de la pauvreté et de la discrimination des communautés rroms sera séparée du contexte socio-économique plus large, on pourra s’attendre à de nouveaux débordements de sentiments racistes, pour la plus grande joie de tous ceux qui soutiennent que le peuple rrom ne pourra jamais s’intégrer.

Le Soleil se lève-t'-il à l' Ouest ?

Synopsis inspiré par " Le Courrier des Balkans"

 

Les hommes et les femmes auxquels on donne la parole dans ce livre sont venus de l’Est et se sont retrouvés à l’Ouest, parce qu’ils étaient bel et bien poussés par le besoin et non pas sous l’emprise d’un quelconque mirage . Leur « cas » n’est guère isolé puisqu’ils participent d’un mouvement migratoire de grande ampleur.

 Nous sommes loin du temps où des individus choisissaient la liberté en fuyant à l’Ouest afin d’échapper aux dictatures communistes, pour reprendre la terminologie de la guerre froide . Roms et ruraux pour la plupart.

Les dix « héros » de ce livre font partie des quelque trois millions de Roumains qui, après l’implosion du régime communiste, ont été amenés à quitter leur pays en raison de la démission de l’Etat post-communiste devant l’explosion de la précarité et du chômage provoquée par les bouleversements socio-économiques qui se sont traduits par le démembrement des coopératives dans les campagnes ou encore par la fermeture des grandes entreprises. Mais  eux, ont fait le choix de s’adresser à des structures d’aide , sortant ainsi de l’anonymat.

 Attention. Ils ne sont pas représentatifs des plus  nombreux, qui gagnent tant bien que mal leur vie en travaillant ou qui,  tout en étant aussi précaires qu’eux, ne font pas appel aux organismes sociaux par manque d’information ou parce qu’ils sont sous la coupe de réseaux criminels liés à la mendicité, à la prostitution ou au vol.

Le Soleil se lève-t-il à l’Ouest ? Après avoir lu le livre, on peut  se dire : Pourquoi pas ? , à en juger tout au moins par les notes d’espoir qui ponctuent les témoignages recueillis. Le message que semblent vouloir passer leurs auteurs est tout en nuances, loin de tout misérabilisme.

Les hommes et les femmes auxquels on donne la parole ici n’accablent jamais le pays quitté ni celui d’accueil. Tout en décrivant dans le détail les difficultés qu’ils ont rencontrées en France, ils manifestent tous volontiers la reconnaissance pour les personnes qui leur ont porté secours et les institutions qui leur ont apporté une aide.

 

Il y a comme une modération dans leur manière de présenter les situations par lesquelles ils sont passés qui a de quoi surprendre le lecteur. Ils se racontent sur un ton posé, font sereinement le bilan, s’expriment sur les choses qu’ils souhaitent, ce qui nous permet de saisir de près les sentiments et les parcours de tous ces gens que l’on évite ou que l’on craint quand on les croise dans la rue, sur les places de parking des supermarchés ou dans les transports en commun et dont le comportement provoque l’étonnement, le mépris, la haine et alimente toutes sortes de fantasmes.

Sur les dix intervenants, six se disent Roms et sont présentés comme tels (Tiberiu, Elisabeta, Nicolae, Somna, Danciu, Florin) deux Roumains : Dorina, originaire d’un petit village de la République de Moldavie, et Lăcrimioara, la seule qui a fait des études supérieures, à Timisoara, avant d’arriver en France. Loredana, elle, se situe à la frontière qui sépare les premiers des seconds puisqu’elle écoute les manele, mais ne parle pas le romani et ne garde pas le contact avec les « autres Roms roumains » . Enfin, rien n’est indiqué pour le dixième, Ionel, qui travaille sur les chantiers, gagne un peu mieux sa vie que les autres et a acquis le statut d’auto-entrepreneur.

Force est de constater que les métiers exercés au noir ou légalement en France par la plupart des auteurs des récits rassemblés ici sont en fin de compte du même ordre que ceux qu’ils auraient pu pratiquer en Roumanie où il existe aussi des aides sociales sous différentes formes. Cependant,  ils laissent entendre qu’en Roumanie c’est encore pire. Sur ce point  ils rejoignent l’ensemble des migrants provenant de Roumanie. Evidemment, ce n’est pas une raison suffisante pour conclure que « le Soleil se lève à l’Ouest » pour eux !

PS : L’ouvrage coûte 25 euros. Pour le commander, s’adresser à Habitat-Cité, 62, rue Vergnaud, 75013 Paris, tél. 01.45.88.71.75

L'Ovr reste très sensible à la destinée du peuple rrom . Témoin de nombreux exemples de rejet ou ... d'intégration ... parfois forcée , elle essaie , avec ses petits moyens de rester vigilante , de dénoncer les dérives, de lutter contre les préjugés et de promouvoir les avancées .

Elle soutient des associations spécialisées dans l'action militante en faveur des droits des Roms , diffuse leurs informations et peut s''y asssocier pour des interventions ciblées  ( voir rubrique: Synergies )

  

Et le 16 septembre 2016, en Serbie , le Danube reste un long fleuve tranquille

En 2007 , avec Delta60 , nous avions traversé Beocin , petite ville serbe en bord de Danube entre Vukovar et Novi Sad .

Nous avions été frappés par le délabrement des infrastructures industrielles et la pauvreté de certains quartiers délaissés et vraisemblablement occupés par des familles roms en grand nombre dans cette région… . Nous ne connaissions rien du dessous des cartes comme par exemple ….

Constat du ERRC ( European Roma Rights Center) datant du 16 septembre 2016 .

En Serbie , les parents  roms qui mettent leurs enfants dans les écoles où les Serbes sont majoritaires veulent encourager leurs enfants  à apprendre le serbe dans l'espoir qu’ils auront un avenir meilleur ,   intégrés à la population non-rom.

Mais il faut bien constater que souvent les Roms  sont concentrés dans des  «rattrape- classes» où ils ne rattrapent jamais rien !.

Dans le jardin d'enfants Ljuba Stankovic à Beocinen  Serbie, les enfants roms sont séparés de leurs pairs non roms. Selon le directeur, Ljubica Lazarevic:, les enfants roms ne fréquentent la maternelle qu’en demi-journées ce qui coûte moins cher aux parents et ces enfants-là sont tous dans le groupe de l’après-midi . " .  Le directeur de l'école souligne également un manque d'espace qui limite l'intégration des Roms et non-Roms dans le jardin d'enfants.

«Je serais ravi de les avoir en matinée aussi avec les autres enfants mais pour le moment nous ne disposons pas des conditions spatiales pour cela. Nous y travaillons et dans  deux - trois mois, je pense avoir résolu cette question d’espace . » déclare encore le directeur ;


Selon les parents roms, le manque d’espace  ne peut pas expliquer le fait que seuls les enfants roms          ( environ 25 )  sont tous placés dans un seul groupe  sans aucun contact avec les non-Roms , dans lequel on ne parle que la langue romani . Un des parents a déclaré : «  l'éducation mixte devrait promouvoir  l'intégration avec la société non-rom, et l'apprentissage de la langue serbe est primordiale pour atteindre cet objectif. Les enfants doivent savoir le serbe afin qu'ils puissent aller à l'école primaire, mais ce n'est pas le cas. Ils n’apprennent rien . Ils ne font que jouer . Ceci est de la discrimination . Personne ne nous écoute . . Nous avons demandé une réaction des personnes responsables, mais sans succès ".

La commissaire serbe pour l'égalité, Brankica Jankovic se dit  préoccupée par cette situation qu’elle trouve inacceptable car ségrégationniste  .

Mais le directeur de l'école réplique  qu' on ne peut parler de  discrimination puisque  certains enfants roms sont inclus dans un programme ordinaire ( en fondamental ) , mais la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme a déjà rejeté cet argument en 2010 quand il a condamné la Croatie pour  ségrégation scolaire dans un cas similaire.

L’ERRC étudie ce cas possible de discrimination et de ségrégation des enfants roms en Serbie et décidera d’actions  en fonction de la réponse de la municipalité, du  jardin d'enfants et d'autres autorités compétentes, y compris l'ombudsman provincial.

 

For more information contact:

Jonathan Lee
Communications Officer
European Roma Rights Centre
M: +36 30 500 2118
E:
jonathan.lee@errc.org 

La Hongrie pointée du doigt

Ce jeudi 26 mai 2016 , la  Commission européenne a mis en demeure la Hongrie  de mettre fin aux discriminations à l'encontre des enfants roms dans le domaine de l'éducation ce qui a suscité  les critiques de Budapest mais l'approbation des associations travaillant aux droits des Roms dont Amnesty International et l’ERRC ( voir « Synergies » dans rubrique « Transversales » .

La législation et les pratiques administratives hongroises "entraînent une surreprésentation disproportionnée des enfants roms dans les écoles spéciales pour enfants handicaps mentaux", a souligné l'exécutif européen.

De plus, selon Amnesty International  et l’ERRC ,  45% des enfants roms qui fréquentent l’enseignement ordinaire sont placés dans des bâtiments voire des classes séparées.  

Ce fait est également clairement énoncé  dans le texte expliquant la procédure d'infraction lancée jeudi contre la Hongrie..

 Cette procédure "n'a pas de sens", a réagi le chef de cabinet du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.qui  a déclaré «  La  Commission veut savoir pourquoi beaucoup d'enfants roms de 6 ans ne sont pas considérés comme prêts pour l'école et (ou) ou doivent aller dans des écoles d’enseignement spécial mais moi, je ne  sais pas comment ils font pour savoir que ces enfants sont roms !  L'Etat hongrois ne le sait pas non plus. Ce serait d’ailleurs  illégal de le savoir"

La Hongrie a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour ses pratiques concernant la scolarisation des enfants roms.et plusieurs mises en garde avaient été faites mais à ce jour, aucune action n'a été prise par les autorités hongroises pour réduire voire supprimer cette ségrégation. Au contraire, preuves à l’appui, il est clair que le Gouvernement veut poursuivre voire intensifier sa politique de discrimination raciale dans le système scolaire.  

Il n’empêche que si  Budapest ne répond pas de manière satisfaisante à la "lettre de mise en demeure" envoyée par Bruxelles, la Commission pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne et des sanctions économiques pourraient être prises. .

Pour plus d’infos :

Amnesty International in Brussels
Paul Creeney
+32 (0)2 548 27 73 
mob: +32 (0)486 042 047
pcreeney@amnesty.eu

European Roma Rights Centre in Budapest
Bernard Rorke
+3630 914 3065
bernard.rorke@errc.org