Au départ , des milliers de " bouteilles à la mer"

carte protestation OVR

carte protestation OVR (2)

Après 25 ans , au Parlement européen ...

 

 

                                                                                  

 

Cette association est issue d'un important mouvement de protestation contre la politique dite de « systématisation des villages roumains » élaborée par le régime roumain de Nicolae Ceausescu qui menait vers la destruction de l'habitat rural traditionnel roumain. Ce mouvement de protestation a abouti à l'adoption de plusieurs milliers de villages roumains par des communes occidentales et puis s'est transformé en un vaste mouvement d'assistance humanitaire et d'aide d'urgence.

 

Des milliers de citoyens «  ordinaires » ont ainsi inscrit explicitement le devoir d’ingérence et le droit à l’action de solidarité internationale dans la liste des droits de l’homme au même titre que la liberté,  l’égalité.

A l’heure présente, ce mouvement reste un incontournable dans l’observation des prises de conscience collectives.

 Parallèlement au « porte-à-porte » humanitaire, l’OVR continuait son combat contre l’autoritarisme et s’est rapidement érigée en «  democraty builder » en Roumanie. Elle devient l’arbitre du conflit interethnique entre Magyars et Roumains de Transylvanie notamment en provoquant une réunion entre les leaders des factions en présence et des maires occidentaux acquis à la cause de l’Ovr en présence de représentants du Conseil de l’Europe et de responsables politiques et de la société civile intéressés par la question ethnique .

A l’issue de cette réunion, non sans mal, seront signés les « Accords de Cluj » qui, encore maintenant sont une référence pour l’équité des lois et arrêtés en Roumanie. .

Ont suivi les « Ateliers de la Démocratie » qui devaient permettre aux leaders de toutes tendances de s’accorder sur le bien commun  .

 Le premier atelier se tiendra à Timisoara en mai 1991 et aura  pour thème  annoncé «  agriculture et environnement » même si l’objectif était la politique générale de démocratisation. On y trouve les prémices de la création d’une des plus belles réussites de l’Ovr, le réseau de tourisme rural avec logement chez l’habitant qui verra officiellement le jour en 1995.

 Durant cette période, l'action s'est à nouveau transformée. De nombreux projets de développement durable sont  imaginés et mis sur pied par des partenariats bi-polaires.

Des actions transversales sont  également menées : campagne de dénonciation de la traite des êtres humains,  soutien à des associations roumaines de défense de l'environnement et du cadre de vie comme à  Rosia Montana…  

 Et, bien sûr , l’émergence du premier réseau de tourisme rural avec logement chez l'habitant, le "Retea Turistica» qui compte encore une bonne vingtaine de villages actifs .

 

Actuellement , tout en continuant à soutenir de multiples initiatives locales visant une amélioration du cadre de vie de chacun mais principalement des ruraux ,l’Ovr œuvre  à la construction d’une Europe solidaire et  mosaïque Dans ce créneau , depuis 2005 , son action-phare est  la réalisation de raids-vélos de solidarité « Delta60 »  à travers la Roumanie mis aussi la République moldave sans oublier le long du Danube de sa source à son delta . L’argent  collecté est affecté à des projets de développement durable dans des villages de Roumanie et depuis 2013, de République moldave.

Enfin, l’Ovr s’est ouverte à une notion de justice et d’égalité pour tous les citoyens vivant en Europe en prenant position contre  toute politique discriminatoire quel que soit le pays  ( Rroms, ressortissants des pays de l’ancien bloc soviétique … ) , en encourageant et en soutenant les citoyens désireux de bénéficier des mêmes droits et mêmes responsabilités en matière d’eau potable, de soins de santé , d’éducation …

Accueillie par l'Académie roumaine, l'Institut culturel roumain et le Musée du Paysan à Bucarest , en mars 2009, pour fêter ses 20 ans , Elle fut faite « Commandeur du Mérite culturel . » pour son action exemplaire en faveur de la sauvegarde et du développement des villages roumains et , en guise de conclusion de trois jours de rencontre, les partenaires roumains ont demandé à l'OVR de continuer à les épauler dans leurs  actions  relatives aux domaines suivants :

- santé ( condition de vie et système de soins) et eau ( accès , gestion et potabilité )

- valorisation des savoirs-faire et des productions des campagnes roumaines

- gouvernance locale et tissu associatif

- travail de mémoire

- ouverture à la solidarité internationale .

Et en décembre 2014 , c'est au Comité des Régions et au Parlement européen que l'Ovr fêta ses 25 ans

 Aujourd’hui, l’Ovr reste le partenaire privilégié pour toute organisation d’événement basé sur les échanges et le partenariat entre la Roumanie et les pays où elle s’est développée initialement.

Elle met son réseau et sa connaissance du terrain au service des multiples petits partenariats citoyens ouest-est, des structures locales voire  régionales  désireuses d’échanger et travailler ensemble , d’associations à visée européenne travaillant dans les domaines qui lui sont chers .

 

Le  bateau continue à suivre sa route et,  tout comme en 1989, « à parler en même temps et en leur accordant la même valeur, de l’Europe, des Régions et de l’interaction planétaire parce qu’il nous semble que l’identité européenne se nourrit de la multitude des cultures régionales et des spécificités locales qu’il ne s’agit de nier ni d’amalgamer dans un tout uniforme… » (Pol Hermant)

 Septembre  2015, il existe une coordination OVR en Belgique , en Suisse, en France, aux Pays-Bas, en Roumanie et depuis 2014 en République moldave .  Une AISBL de droit belge réunit plusieurs de ces coordinations. Elle permet des échanges d'informations, de pratiques et la gestion de projets transversaux. Son siège est situé Maison de la solidarité -- Chaussée de Jolimont, 263 à 7100 Haine-Saint- Pierre (La Louvière) en Belgique

Quelques comités locaux existent aussi au Luxembourg, en Allemagne et en Angleterre.

On peut estimer qu'il existe encore plus de cinq cents communes et associations coopérant avec leurs homologues roumaines.

 Objectifs (décrits dans ses statuts)

  • de défendre les droits de citoyens de décider de leur environnement social, politique, économique, ethnique et écologique.
  • de respecter et de promouvoir le devoir d’ingérence non étatique.
  • de préserver le droit à la mémoire des choses et des gens.
  • de prévenir les conflits et les guerres et la "fatalité historique" par l’implication des citoyens et de la société civile pour trouver des nouveaux "modus vivendi" entre les États d’Europe et entre les communautés nationales et les minorités qui composent ces pays et pour donner des exemples de réconciliation.

 

Dans une optique d’éducation permanente, ces objectifs se réalisent par :

  • l’apprentissage de la pratique de la démocratie.
  • la promotion de la coopération décentralisée entre citoyens et/ou collectivités locales.
  • la création de réseaux de solidarité, d’échanges et de partenariat locaux, communaux, intercommunaux, régionaux, nationaux, internationaux, dans une démarche indépendante des formations politiques et confessionnelles.

 

Sources

  • Collectif : Société civile et Devoir d’Ingérence, Opération Villages roumains aux éditions « Z ». Septembre 89
  • Pirotte Gautier : L’Episode humanitaire roumain. Construction d’une « crise », état des lieux et modalités de sortie. Editions l’Harmattan, collection : Questions contemporaines. 2006